Montserrat Caballe explique comment sa carrière a démarré, à l'Opéra de Basel en Suisse.
Avec son grand sourire et son coeur sur la main, toujours un plaisir d'écouter Montserrat parler d'elle et du métier, un point de vue tellement grand et frais, chez une femme si simple et vraie.
"Il ya un mélange très étrange entre la musique et soi-même, comme un mariage. (...) Difficile à croire pour les personnes qui n'ont pas ce sentiment mais quand on se sent marié à la musique, on n'a pas besoin de la gloire." A méditer.
Interview (1990) de Montserrat Caballé par Frédéric Mitterrand + court extrait de « Roberto Devereux » avec José Carreras à Aix-en-Provence in 1977
lundi 11 juin 2012
vendredi 13 avril 2012
Quelques madrigaux pour une nuit de voyages
Je vous propose une virée nocturne (la nuit avancée est indispensable, ainsi que l'éclairage faible) avec Monteverdi, pour aller au fin fond du temps et de vous-même.
1. Incenerite spoglie
2. Ditelo voi
3. Darà la notte il sol
4. Ma te raccoglie
5. O chiome d'or
6. Dunque amate reliquie
Concerto Italiano - Rinaldo Alessandrini
Pour la peinture en fond, il s'agit de "Melancholy" de Domenico Feti (1589-1623)
1. Incenerite spoglie
2. Ditelo voi
3. Darà la notte il sol
4. Ma te raccoglie
5. O chiome d'or
6. Dunque amate reliquie
Concerto Italiano - Rinaldo Alessandrini
Pour la peinture en fond, il s'agit de "Melancholy" de Domenico Feti (1589-1623)
Le programme de l'opéra de Paris saison 2012-2013
Un programme fabuleux on peut le dire ! Nous avons hâte de voir si le niveau va être remonté d'urgence parès le fiasco de 2011-2012. Nous allons y être, avec joie mais aussi avec énormément d'attente.
La Tétralogie de Wagner ! Nous irons mais... on avait déjà vu le massacre scénagraphique de Gunther Krämer... et honnêtement on a peur. Il y aura des modifications, donc on redonne une chance. Au pire on fermera les yeux, en espérant que Philippe Jordan fasse monter la transcendance en nous, mais quel dommage !
(Les liens vous emmène directement sur le site officiel de l'opéra de Paris)
N'hésitez pas à aller voir les présentations vidéos qui sont intéressantes.
La Tétralogie de Wagner ! Nous irons mais... on avait déjà vu le massacre scénagraphique de Gunther Krämer... et honnêtement on a peur. Il y aura des modifications, donc on redonne une chance. Au pire on fermera les yeux, en espérant que Philippe Jordan fasse monter la transcendance en nous, mais quel dommage !
(Les liens vous emmène directement sur le site officiel de l'opéra de Paris)
N'hésitez pas à aller voir les présentations vidéos qui sont intéressantes.
L'Anneau du Nibelung
samedi 31 mars 2012
Un blog essentiel qui dénonce la médiocrité : L'école Française de chant,
Je vous propose un site que j'ai découvert récemment et dont les articles seront un excellent plus à la lecture de Vera Voce, qui est plus volubile.
Il s'agit de http://lecolefrancaisedechant.unblog.fr/ qui se présente lui-même comme ceci :
Je l'ai découvert en tombant sur l'artible "Le règne des impostures" , que j'ai trouvé si juste, et que je me permets de partager ici pour donner envie d'aller voir le reste :
Je remercie ces auteurs de l'avoir dit aussi bien. Ils me font penser à mon cher maître de chant, qui m'a appris la grandeur, le perfectionnisme, la difficulté, la Grande Ecole.
Je les ajoute dans nos liens préférés, les suivrai passionnément et ferai tourner biensûr ! Car la bonne parole doit se répandre.
J'espère qu'à Vera Voce, nous serons le digne petit frérot de ce grand blog, en nous adressant à ceux qui sortent de l'oeuf.
Gabrielle.
Il s'agit de http://lecolefrancaisedechant.unblog.fr/ qui se présente lui-même comme ceci :
"Ce blog a été créé par des artistes et des auteurs las du misérabilisme
où se trouve réduit l'art vocal en France, las des contrevérités, des
omissions, voire de l'ignorance, émises et étalées par des médias et des
responsables dits culturels.
Il n'est pas question, évidemment, de vouloir tout changer, de critiquer
sans mesure et cette page n'aura pas le pouvoir de rétablir, hélas, le
chant et autres spectacles vivants aussi mal lotis à son plus haut
niveau : à l'impossible nul n'est tenu
.
Cette page répond seulement à un impérieux besoin d'informer là où sévit
la désinformation et s'adresse à tout public : musiciens, passionnés du
bel canto, ainsi que de l'art et des lettres en général."
Je l'ai découvert en tombant sur l'artible "Le règne des impostures" , que j'ai trouvé si juste, et que je me permets de partager ici pour donner envie d'aller voir le reste :
"Où les impostures sont reines, le gaspillage est roi.
Tel est le cas dans le domaine que nous défendons : l’Ecole française de Chant. Ne nous leurrons pas, les stars
médiatisées ne servent qu’elles-mêmes et ceux qui les promeuvent ;
elles ne sont pas des locomotives dans un pays qui a sabordé ses
chanteurs lyriques. Où se formaient ceux qui ont fait la gloire de notre
Ecole de Chant ? Au sein des troupes. Il y en avait partout des
troupes. Aussi des concerts magnifiques dans les églises, non seulement
les parisiennes. Le répertoire d’oratorio s’y déploie avec
bonheur, même si souvent l’acoustique en est mauvaise : le caractère
idiomatique du lieu pallie beaucoup de défauts et le genre porte à la
méditation. E. T. A. Hoffmann (oui, oui, celui des Contes) était
de cet avis. Il y a vingt ans, moins d’une génération, ces concerts
étaient courus et les artistes étaient portés par l’enthousiasme du
public. Aujourd’hui, il y a souvent plus de monde à l’orchestre et dans
les chœurs que dans l’église elle-même : quelle joie de jouer et de
chanter pour des chaises vides ! D’où dégoût général des interprètes, on
peut s’en douter.
Dans
les théâtres, plus de troupes de chanteurs lyriques, là pourtant où
tous nos modèles ont appris leur métier : nous tairons les noms, chacun
les connaît.
Tout
le monde était fier de ces artistes, ce qui n’empêchait pas d’aimer le
sport, d’en pratiquer : il est vrai que le matraquage télévisuel à
l’heure de la démocratie à pensée unique, fric en tête, bling-bling à la rescousse et principe de précaution à la KGB n’existait pas et que la télévision s’était donné une tâche didactique qu’elle remplissait à merveille. Ce temps n’est plus…
Revenons
plus spécifiquement aux chanteurs lyriques : donc, plus de troupes,
beaucoup de théâtres fermés ! Quant à ceux qui existent toujours, ils se
survivent, avec des directeurs « en régie », payés (planqués) quoiqu’il
advienne (alors qu’au temps jadis les théâtres en concession
obligeaient les directeurs à un résultat, sinon ils crevaient de faim)
et donnent par an le nombre de représentations que l’on donnait par mois
il y a encore une trentaine d’années. Et cela avec des mises en scène
de gens en place qui prônent la laideur et se foutent pas mal de la
musique, du texte, du contexte de la création de l’œuvre, des
contraintes physiologiques du chant, etc. Enfin, tout le monde sait
cela, tout le monde s’en plaint, c’est le contribuable qui paie, ça
coûte cher à tous, et ça continue… Et tout ce monde de
pseudo-intelligents (nous n’osons pas dire intellectuels, tant ce mot
est devenu une injure) prend des mines, jacte sans cesse dans les
machins audio-visuels, fait écran à ceux qui auraient quelque chose à
dire, enfin vous nous aurez compris…
Parallèlement,
observons que notre Université baisse sa culotte jusqu’au moment où
elle n’en aura plus. Vous savez, bonnes gens, que nos étudiants ne sont
plus confrontés à l’exigence de la Thèse d’Etat et que les
professeurs « harmonisent » les notes lors des examens, ce qui veut dire
en clair que ces professeurs ne sont pas libres de leur notation mais
doivent satisfaire aux moyennes nationales.
Cela est une chose que peu de personnes connaissent : il faut que ce soit su !
Revenons à notre Ecole française de Chant :
bien malade en vérité ! D’où cela peut-il venir ? Non du manque de
voix, car chaque génération possède, en principe, sa part où chacun peut
faire valoir son génie propre. Il est vrai que les populations
décervelées par l’audiovisuel niveleur, par les écrans qui n’offrent
qu’un horizon limité, par les « principes de précaution » et autre
panique devant le risque permanent que présente le seul fait de vivre,
ne se donnent pas le temps de s’extraire de ces charniers de
l’intelligence pour oser être ce qu’elles sont. Il existe heureusement
des exceptions qui sont condamnées au silence si un lobby ne
s’emparent pas d’elles, ces exceptions, pour les « formater » au goût de
la tomate américaine, sans odeur, sans saveur, juste conçue pour
ressembler à une tomate bien plus belle que celle qui va pousser dans
notre potager !
Nous
vous la faisons courte : l’enseignement est désastreux et toutes les
« Ecoles de Musique », ou ce que l’on nomme telles, fabriquées « pour
favoriser la pratique amateur » (je ne parle ici que du chant) devraient
fermer des classes qui ne servent à rien et coûtent les yeux de la tête
au contribuable. Cela permet aux planqués et aux usurpateurs d’avoir
des places rémunérées, pas très bien, mais rémunérées quand même, en
attendant la sacro-sainte retraite, comme si un artiste était jamais à
la retraite. Les généraux ne le sont jamais, eux.
Nous
connaissons tel ou telle qui ne doit sa réputation que pour s’être mis à
la remorque d’un artiste justement célèbre par des moyens que n’eût pas
reniés Laïs : la voix est horrible, l’érudition nulle, l’allure
commune, mais les élèves se précipitent à des leçons qui ne leur
apprennent rien parce qu’ils savent que l’artiste-justement-célèbre
n’est pas loin et pourra rédiger de bonnes lettres de recommandation,
bien que l’artiste – etc. n’en pense pas un mot, mais par habitude,
peut-être par mollesse au souvenir d’ébats sexuels passés ou pour
échapper à l’enfer de la scène de pseudo-ménage ! Cela est banal, me
direz-vous, et existe depuis toujours. Citons la grand-mère d’un de nos
amis : « L’amour est aveugle et le trou-du-cul est borgne ! » Sagesse de
nos campagnes.
Quand
on voit ce tableau navrant, l’envie est forte de baisser les bras. La
médiocrité, voire la nullité, triomphe. Un riche mécène favorise
l’enseignement dans notre pays d’un calamiteux ténor des Amériques,
alors que nous avons encore de grands maîtres presque silencieux par la
force de l’ignorance mêlée au pognon, à la politique et à la sexualité
vénale. Nous n’avons rien contre le mélange des genres, mais pas au
détriment d’un art qui se meurt. Il n’est pas encore mort : il y a des
îlots de résistance où seul demeure l’amour de l’art, malgré des budgets
saignés à blanc et les diktat(s) des petits chefs.
En
lieux dit hauts, c’est une catastrophe nourrie par l’ignorance et le
manque du plus élémentaire bon sens (qui n’est pas « la chose du monde
la mieux partagée », mon pas-du- tout-cher Descartes). En dévalant la
pyramide de cette hiérarchie d’incapables, la dégringolade mortifère
s’accélère et mine les fondations : c’est un phénomène physique
admirablement relayé par ce qu’il est convenu d’appeler « l’esprit
humain. »
L’Ecole française de Chant est dans la ligne de la Chronique d’une mort annoncée
(Garcia Marquez, pour ceux qui ne sauraient pas). Exemple de
l’inculture générale : ce matin, nous appelons la FNAC pour savoir s’il
existait en DVD le Falstaff et l’Othello, films d’Orson
Welles : nous tombons sur ce qu’on nomme plate-forme, ces machins que
vous connaissez où, comme des débiles, on répète vingt fois la même
chose à des machines ; une voix suave répond enfin pour demander ce qui
venait de lui être dit vingt fois… A l’évocation de nos deux bonshommes
dont « on cause » quand même depuis le XVIe siècle, on s’entend demander
comment ça s’écrit (« épeler » n’est plus d’usage) et de dire les
titres un par un. La propriétaire de la voix suave n’a toujours pas
compris. Nous explosons : « Mais enfin, ce sont des personnages de
Shakespeare, tout le monde sait cela ! » ce qui a attiré la réponse :
« J’ai quand même d’autres chats à fouetter ! » Pauvres bêtes !
Voilà, ô peuple, où nous en sommes. Pleurons sur l’Ecole française de Chant,
pleurons sur l’école tout court, pleurons sur l’Université, pleurons
sur la perversité des temps, pleurons sur la mort de l’art. Nous
n’aurons bientôt plus de larmes, plus d’yeux pour pleurer non plus :
même cela on nous l’aura volé, grillés qu’ils seront aux écrans
ubiquistes. Hélas ! Trois fois hélas !
Pour croire encore en quelque chose, il faut avoir la foi du charbonnier…"
Gabriel Bacquier et Sylvie Oussenko, le 17 juin 2010
Je remercie ces auteurs de l'avoir dit aussi bien. Ils me font penser à mon cher maître de chant, qui m'a appris la grandeur, le perfectionnisme, la difficulté, la Grande Ecole.
Je les ajoute dans nos liens préférés, les suivrai passionnément et ferai tourner biensûr ! Car la bonne parole doit se répandre.
J'espère qu'à Vera Voce, nous serons le digne petit frérot de ce grand blog, en nous adressant à ceux qui sortent de l'oeuf.
Gabrielle.
vendredi 30 mars 2012
Concours artistique d'Epinal : le chant lyrique
J'étais près de Nancy dernièrement pour voir une vieille tante, et j'en ai profité pour passer à Epinal, car j'avais entendu parler du Concours Artistique d'Epinal qui couvrent une infinité d'instruments ET le chant lyrique. Biensûr c'est cela qui m'a intéressé. J'ai assisté à tout.
Le concours été divisé en 4 catégories : élémentaire / moyen / supérieur / excellence.
Il y avait très peu de candidats, pourtant, le concours est plutôt bien couvert sur le Web.
Trop peu prestigieux sans doute.
J'avoue que ce concours ne m'a pas paru sérieux. D'une part parce qu'il été mal organisé au niveau des horaires, pour avoir discuté avec des participants stressés, les heures de convocation ne correspondaient pas aux heures de passages sur scène réels.
Ensuite, parce qu'il y avait des candidats qui n'étaient pas dans la bonne catégorie, cela montre qu'il s'agit en fait, d'un concours de "première fois", pour se tester, découvrir...
Le jury? Nous ne l'avons pas vraiment vu dans le public, car il se cachait au 1er balcon, il a été présenté à la fin... Je n'ai pas très bien compris qui étaient ces personnes, non citées sur le site web (tout de même, ce serait la moindre des choses), mais cela était du niveau régional, voire municipal.
Peu de candidats en élémentaire/moyen, une dizaine en supérieur, quatre en excellence.
Le tout accompagné par Marie-Clotilde Matrot, pianiste un peu molle, au doigté sensible et toujours juste, mais sans nuance, sans jeu de lumière et d'ombre. Elle a parfois ralenti les chanteurs à la détresse, ou massacré en jouant beaucoup trop vite le morceau. Apparemment, tout le monde est au niveau d'apprendre dans ce concours, alors n'espérez pas venir éblouir le milieu professionnel.
De bonnes surprises cependant, un jeune homme qui a eu le 3ème prix... (à égalité avec une jeune fille sans voix, en cours dans le coin sans doute, je ne vois nulle autre explication) qui a tenu avec voix et technique une prestance élégante et joyeuse.
Le 1er prix de la catégorie excellence est revenu à une jeune fille pleine d'assurance (mais aussi d'arrogance, il faut faire attention, la limite est fine) avec un timbre rare. Si j'ai trouvé son jeu exagéré, elle est tout de même un exemple de concentration, d'assurance et d'audace, nécessaire pour se détacher sur scène, et se démarquer. Malgré cela, les 4 candidats qui se sont présentés en Excellence, sont plutôt d'un niveau "supérieur".
Je ne m'étalerais pas à faire une critique vocale de ces jeunes et courageux participants, les bons ou les moins bons, et surtout pour les moins bons ; ils ont eu un grand courage de venir débuter les concours ici.
A la fin de la journée, tombent les résultats. J'ai trouvé la manière de faire lourde et peu délicate : TOUS les participants montent sur scène, en demi-cercle et on appelle ceux qui ont des prix pour leur remettre. En somme, ceux qui n'ont pas de prix, restent comme des cons derrière à applaudir, au regard de tous. La plupart des concours, ont la finesse de laisser les candidats en coulisse, et seuls les gagnants montent sur scène.
L'organisation a dû se dire que c'était sympa et convivial, mais ce concours ne l'est clairement pas, et il faudrait plutôt regarder les visages tendus et mal à l'aise des jeunes personnes, pour qui c'est un moment important et qui font en ressortir encouragés ou découragés...
Tout cela pour dire que, pour un chanteur qui débute la scène, ce concours est idéal, il y a de tout, on a honte de rien, et la salle... la salle... une merveille. Vous aurez rarement la chance de chanter aussi facilement dans un théâtre à l'italienne, alors profitez-en ! C'est très intimidant, surtout devant une salle quasi-vide, et un public terne et peu enjoué, donc en en sortant, vous n'aurez plus peur de vos rencontres futures avec les salles.
En tant que spectateur, ce concours ne vaut pas le détour, vu la majorité de débutants, l'ambiance ne sera pas au beau spectacle et à l'émotion. Si vous avez une haute connaissance du chant, vous vous ennuierez et serez énervé par les résultats (comme souvent) et si vous voulez découvrir le chant lyrique, mieux vaut éduquer vos oreilles dès le début avec les plus grands chanteurs que d'aller les embrouiller dans des endroits d'un bas niveau.
En tant que chanteur, le Concours d'Epinal est une bonne occasion de travailler son trac, sa tenue sur scène et selon votre tempérament : de faire du forcing sur vous-même ou prendre du plaisir à assurer dans un beau et impressionnant théâtre.
N'oubliez pas que les concours sont plus destinés à faire briller les organisateurs que les participants, et que les avis d'un jury ne définissent pas ce que vous valez, surtout dans les tout petits concours où l'exigence musicale et l'attente peut être extrêmement variable.
Alex.
http://www.concours-artistique-epinal.org/
//Vous avez participé un jour un chant à cette épreuve de chant, n'hésitez pas à nous écrire pour raconter! vera.voce.blog@gmail.com//
Le concours été divisé en 4 catégories : élémentaire / moyen / supérieur / excellence.
Il y avait très peu de candidats, pourtant, le concours est plutôt bien couvert sur le Web.
Trop peu prestigieux sans doute.
J'avoue que ce concours ne m'a pas paru sérieux. D'une part parce qu'il été mal organisé au niveau des horaires, pour avoir discuté avec des participants stressés, les heures de convocation ne correspondaient pas aux heures de passages sur scène réels.
Ensuite, parce qu'il y avait des candidats qui n'étaient pas dans la bonne catégorie, cela montre qu'il s'agit en fait, d'un concours de "première fois", pour se tester, découvrir...
Le jury? Nous ne l'avons pas vraiment vu dans le public, car il se cachait au 1er balcon, il a été présenté à la fin... Je n'ai pas très bien compris qui étaient ces personnes, non citées sur le site web (tout de même, ce serait la moindre des choses), mais cela était du niveau régional, voire municipal.
Peu de candidats en élémentaire/moyen, une dizaine en supérieur, quatre en excellence.
Le tout accompagné par Marie-Clotilde Matrot, pianiste un peu molle, au doigté sensible et toujours juste, mais sans nuance, sans jeu de lumière et d'ombre. Elle a parfois ralenti les chanteurs à la détresse, ou massacré en jouant beaucoup trop vite le morceau. Apparemment, tout le monde est au niveau d'apprendre dans ce concours, alors n'espérez pas venir éblouir le milieu professionnel.
De bonnes surprises cependant, un jeune homme qui a eu le 3ème prix... (à égalité avec une jeune fille sans voix, en cours dans le coin sans doute, je ne vois nulle autre explication) qui a tenu avec voix et technique une prestance élégante et joyeuse.
Le 1er prix de la catégorie excellence est revenu à une jeune fille pleine d'assurance (mais aussi d'arrogance, il faut faire attention, la limite est fine) avec un timbre rare. Si j'ai trouvé son jeu exagéré, elle est tout de même un exemple de concentration, d'assurance et d'audace, nécessaire pour se détacher sur scène, et se démarquer. Malgré cela, les 4 candidats qui se sont présentés en Excellence, sont plutôt d'un niveau "supérieur".
Je ne m'étalerais pas à faire une critique vocale de ces jeunes et courageux participants, les bons ou les moins bons, et surtout pour les moins bons ; ils ont eu un grand courage de venir débuter les concours ici.
A la fin de la journée, tombent les résultats. J'ai trouvé la manière de faire lourde et peu délicate : TOUS les participants montent sur scène, en demi-cercle et on appelle ceux qui ont des prix pour leur remettre. En somme, ceux qui n'ont pas de prix, restent comme des cons derrière à applaudir, au regard de tous. La plupart des concours, ont la finesse de laisser les candidats en coulisse, et seuls les gagnants montent sur scène.
L'organisation a dû se dire que c'était sympa et convivial, mais ce concours ne l'est clairement pas, et il faudrait plutôt regarder les visages tendus et mal à l'aise des jeunes personnes, pour qui c'est un moment important et qui font en ressortir encouragés ou découragés...
Tout cela pour dire que, pour un chanteur qui débute la scène, ce concours est idéal, il y a de tout, on a honte de rien, et la salle... la salle... une merveille. Vous aurez rarement la chance de chanter aussi facilement dans un théâtre à l'italienne, alors profitez-en ! C'est très intimidant, surtout devant une salle quasi-vide, et un public terne et peu enjoué, donc en en sortant, vous n'aurez plus peur de vos rencontres futures avec les salles.
En tant que spectateur, ce concours ne vaut pas le détour, vu la majorité de débutants, l'ambiance ne sera pas au beau spectacle et à l'émotion. Si vous avez une haute connaissance du chant, vous vous ennuierez et serez énervé par les résultats (comme souvent) et si vous voulez découvrir le chant lyrique, mieux vaut éduquer vos oreilles dès le début avec les plus grands chanteurs que d'aller les embrouiller dans des endroits d'un bas niveau.
En tant que chanteur, le Concours d'Epinal est une bonne occasion de travailler son trac, sa tenue sur scène et selon votre tempérament : de faire du forcing sur vous-même ou prendre du plaisir à assurer dans un beau et impressionnant théâtre.
N'oubliez pas que les concours sont plus destinés à faire briller les organisateurs que les participants, et que les avis d'un jury ne définissent pas ce que vous valez, surtout dans les tout petits concours où l'exigence musicale et l'attente peut être extrêmement variable.
Alex.
http://www.concours-artistique-epinal.org/
//Vous avez participé un jour un chant à cette épreuve de chant, n'hésitez pas à nous écrire pour raconter! vera.voce.blog@gmail.com//
dimanche 25 mars 2012
"O rimembranza" - Norma & Adalgisa / Montserrat Caballé et Fiorenza Cossotto
Sûrement le plus beau duo de Norma, interprété par deux monuments : Montserrat Caballe et Fiorenza Cossotto.
Il s'agit de "O rimembranza" , dans ce passage, Adalgisa jeune prêtresse gauloise confie son désarroi à la grande prêtresse Norma : un homme l'a séduite et elle pense l'aimer, un pêché ! Norma reconnaît qu'il s'agit de son amant de pro-consul romain, Adalgisa l'ignore.
Teatro de la Zarzuela de Madrid, 1978
Traduction :
NORMA
Adalgisa!
ADALGISA
Courage, mon cœur!
NORMA
Venez, ô jeune fille, entrez.
Pourquoi tremblez-vous?
J'ai entendu dire que tu veux me révéler
un sérieux secret
ADALGISA
Il est vrai.
Mais, oh, débarasse-toi
de l'austérité céleste
qui brille dans tes yeux!
Donne-moi le courage,
ainsi, sans aucun voile,
je pourrai te révéler mon cœur !
NORMA
Embrasse-moi et parles.
Qu'est-ce-qui t'afflige?
ADALGISA
L'amour. Ne te fâche pas !
Pendant un long moment je me suis battue pour l'étouffer.
Il a surmonté toutes mes forces,
tous mes remords.
Ah! Tu ne sais pas, tout à l'heure,
Quel serment que j'ai fait!
Pour fuir le temple,
trahir l'autel à laquelle je suis lié,
abandonner ma patrie ...
NORMA
Ah! Malheureuse!
Le clair ciel de tes jeunes jours est déjà troublé?
Et comment, et quand
une telle flamme est née en toi?
ADALGISA
D'un seul coup d'œil, à partir d'un seul soupir,
dans le bois sacré,
au pied de l'autel où j'ai prié Dieu.
Je tremblais ... Sur mes lèvres
la prière a été arrêtée.
Et, toute prise par cette belle apparence,
J'ai cru voir un autre ciel,
un autre ciel en lui.
NORMA
(Oh! je me souviens!
J'ai aussi été transportée
simplement en voyant son visage!)
ADALGISA
Mais tu ne m'écoutes pas??
NORMA
Continues. Je suis à l'écoute
ADALGISA
Seule, furtive, dans le temple
J'ai souvent attendu pour lui,
et chaque jour la flamme ardente
a augmenté de façon plus intense.
NORMA
(Je me suis brûlée ainsi.)
ADALGISA
"Venez", dit-il,
"que je me prosterne à vos pieds."
NORMA
(Oh, je m'en souviens!)
ADALGISA
Laisse moi respirer
NORMA
(J'étais ainsi séduite!)
ADALGISA
"Epris par vos doux soupirs,
laissez-moi, oh, permettez-moi de baiser
vos jolies boucles."
NORMA
(Oh, les mots doux!
Ainsi, il me parlait,
donc il a trouvé le chemin de mon cœur!)
ADALGISA
Douces comme les notes d'une harpe
furent ses paroles:
j'ai vu un éclatant soleil sourire dans ses yeux
NORMA
(J'étais sous même le charme!)
ADALGISA
J'étais perdue et le suis encore!
NORMA
Ah! Allons, sèches tes larmes!
ADALGISA
J'ai besoin de ton pardon!
NORMA
Je serai miséricordieuse!
ADALGISA
Oh! Aidez-moi et guidez-moi!
NORMA
Ah! Allons, sèche tes larmes!
ADALGISA
Rassures-moi ou reproches-moi,
Sauve-moi de moi-même,
sauve-moi de mon cœur!
NORMA
Ah! Séche ces larmes!
Tu n'es pas éternellement liée,
éternellement liée à l'autel.
ADALGISA
Oh! Ciel! Répète
ces mots bénis encore une fois!
NORMA
Ah! Oui, rassure-toi et embrasse-moi.
Je pardonne et compatis avec toi.
Je te libére de tes vœux,
et romps tes liens.
Unis-toi à ton bien-aimé,
vous vivrez heureux une fois de plus.
ADALGISA
Oh ciel, laissez-moi entendre
ces mots bénis encore une fois!
Grâce à toi, par toi,
ma longue souffrance à long touche à fin.
Tu me rends à la vie,
si l'amour n'est pas un péché.
Il s'agit de "O rimembranza" , dans ce passage, Adalgisa jeune prêtresse gauloise confie son désarroi à la grande prêtresse Norma : un homme l'a séduite et elle pense l'aimer, un pêché ! Norma reconnaît qu'il s'agit de son amant de pro-consul romain, Adalgisa l'ignore.
Teatro de la Zarzuela de Madrid, 1978
Traduction :
NORMA
Adalgisa!
ADALGISA
Courage, mon cœur!
NORMA
Venez, ô jeune fille, entrez.
Pourquoi tremblez-vous?
J'ai entendu dire que tu veux me révéler
un sérieux secret
ADALGISA
Il est vrai.
Mais, oh, débarasse-toi
de l'austérité céleste
qui brille dans tes yeux!
Donne-moi le courage,
ainsi, sans aucun voile,
je pourrai te révéler mon cœur !
NORMA
Embrasse-moi et parles.
Qu'est-ce-qui t'afflige?
ADALGISA
L'amour. Ne te fâche pas !
Pendant un long moment je me suis battue pour l'étouffer.
Il a surmonté toutes mes forces,
tous mes remords.
Ah! Tu ne sais pas, tout à l'heure,
Quel serment que j'ai fait!
Pour fuir le temple,
trahir l'autel à laquelle je suis lié,
abandonner ma patrie ...
NORMA
Ah! Malheureuse!
Le clair ciel de tes jeunes jours est déjà troublé?
Et comment, et quand
une telle flamme est née en toi?
ADALGISA
D'un seul coup d'œil, à partir d'un seul soupir,
dans le bois sacré,
au pied de l'autel où j'ai prié Dieu.
Je tremblais ... Sur mes lèvres
la prière a été arrêtée.
Et, toute prise par cette belle apparence,
J'ai cru voir un autre ciel,
un autre ciel en lui.
NORMA
(Oh! je me souviens!
J'ai aussi été transportée
simplement en voyant son visage!)
ADALGISA
Mais tu ne m'écoutes pas??
NORMA
Continues. Je suis à l'écoute
ADALGISA
Seule, furtive, dans le temple
J'ai souvent attendu pour lui,
et chaque jour la flamme ardente
a augmenté de façon plus intense.
NORMA
(Je me suis brûlée ainsi.)
ADALGISA
"Venez", dit-il,
"que je me prosterne à vos pieds."
NORMA
(Oh, je m'en souviens!)
ADALGISA
Laisse moi respirer
NORMA
(J'étais ainsi séduite!)
ADALGISA
"Epris par vos doux soupirs,
laissez-moi, oh, permettez-moi de baiser
vos jolies boucles."
NORMA
(Oh, les mots doux!
Ainsi, il me parlait,
donc il a trouvé le chemin de mon cœur!)
ADALGISA
Douces comme les notes d'une harpe
furent ses paroles:
j'ai vu un éclatant soleil sourire dans ses yeux
NORMA
(J'étais sous même le charme!)
ADALGISA
J'étais perdue et le suis encore!
NORMA
Ah! Allons, sèches tes larmes!
ADALGISA
J'ai besoin de ton pardon!
NORMA
Je serai miséricordieuse!
ADALGISA
Oh! Aidez-moi et guidez-moi!
NORMA
Ah! Allons, sèche tes larmes!
ADALGISA
Rassures-moi ou reproches-moi,
Sauve-moi de moi-même,
sauve-moi de mon cœur!
NORMA
Ah! Séche ces larmes!
Tu n'es pas éternellement liée,
éternellement liée à l'autel.
ADALGISA
Oh! Ciel! Répète
ces mots bénis encore une fois!
NORMA
Ah! Oui, rassure-toi et embrasse-moi.
Je pardonne et compatis avec toi.
Je te libére de tes vœux,
et romps tes liens.
Unis-toi à ton bien-aimé,
vous vivrez heureux une fois de plus.
ADALGISA
Oh ciel, laissez-moi entendre
ces mots bénis encore une fois!
Grâce à toi, par toi,
ma longue souffrance à long touche à fin.
Tu me rends à la vie,
si l'amour n'est pas un péché.
mardi 20 mars 2012
Introduction ; pourquoi Vera Voce? de la déchéance de la musique à l'éducation de l'exigeance
Bonjour à toutes et à tous,
C'est suite à la consternation que nous avons décidé de créer ce blog et de le nourrir.
Que devient l'opéra en France? Qui sont les plus grands chanteurs? Et au nom de quelles valeurs les gratifie-t-on de ce qualificatif?
Et bien, nous avons trouvé que tout se mélangeait, s'embrouillait, se perdait.
La musique populaire, les variétés, tout cela s'est perdu durant les quelques dernières décennies, au profit du rendement. Parce que des chaînes de TV et des radios diffusent non pas ce qu'ils estiment être de la qualité, mais plutôt ce qui va être le plus regardé ou écouté, ce qui permet de faire grimper au max les tarifs des tranches publicitaires. C'est aussi simple que ça.
Les producteurs d'aujourd'hui c'est la même. Pauvres jeunes filles à la voix de cristal, rêvant d'être des stars reconnues pour leurs talents... On vous choisira parce que vous ferez vendre. Même si vous êtes médiocre. Une belle bouille, un beau clip, un concept, peut faire d'une musique médiocre, un succès planétaire, parce que les gens ne se soucient pas de la musique, ils veulent rêver, oublier leur quotidien, fantasmer. Très peu de place à la qualité est laissée sur le tapis rouge de nos jours. Et de nombreux artistes exceptionnels sont laissés dans l'ombre parce qu'ils ne sont pas marketing.
Heureusement, la musique "classique" et tout ce qu'elle englobe, est différente. Elle est jouée, et rejouée, partout dans le monde, tous les jours, et depuis des siècles sans jamais lasser ses auditeurs/spectateurs. Pourquoi? Parce qu'il s'agit d'un son prenant, venant du fond des temps, du fond des âmes de ces hommes et femmes exceptionnels qui l'ont écrit, dans un pur soucis de l'art et de l'immensité, des soirs durant, à leur clavecin ou piano, éclairés d'une loupiote, mettant sur papier l'âme humaine, le ciel, la mer, l'amour, la mort et tout ce qui fait tourner la Terre depuis la nuit des temps.
Les chanteurs de cette musique ont une responsabilité immense, car contrairement aux autres instruments, la corruption de ce que nous avons dit plus haut à propos de la TV, du marketing, de l'image, les guette constamment. Et ils sont parfois tentés de troquer un peu de d'art contre un peu de marketing. Nous vivons à une époque du culte de la personnalité, non pas qu'elle n'est pas existé avant, mais nous y sommes beaucoup plus sensible dans un temps où nous perdons beaucoup de repères.
Vera Voce, la Vraie Voix. Nous voulons partager nos valeurs par ce blog, remettre certaines pendules à l'heure, parler ouvertement, être sévères mais toujours justes. Expliquer l'extrême finesse de l'art lyrique aux gens qui n'ont pas forcément les moyens de s'éduquer en profondeur. Proposer aux autres un autre point de vue.
En effet, à cette époque où 75% de la presse et des critiques font dans la complaisance, comment se faire une opinion si ce n'est en écoutant sa propre émotion, ses propres goûts, son intuition, son sentiment direct? Mais cela ne suffit pas et ne serait pas vraiment exact concernant un art rigoureux et exigeant qui perdure depuis des siècles.
En ces temps où les chanteurs qui envahissent nos télévisions, chantent du nez, n'ont pas de voix, modulent sur 1 octave maximum, il est essentiel de rappeler constamment au public à quel point le chant lyrique demande une technique immense, une précision acharnée et constitue une performance et que ce sont là les vrais chanteurs ! Et que même parmi eux, il faut savoir reconnaître les grands de ceux qui font illusion.
Un exemple, Céline "the french phénomène", cette jeune fille, tout à fait charmante, est passée à la TV dans "La France a un incroyable talent" et y a chanté le très célèbre air de la Reine de la Nuit, extrait de la Flûte enchantée de Mozart. Cela est un exemple parfait pour illustrer que rien n'est blanc ou noir, mais tout est gris. Le bon côté, c'est qu'à une grande heure d'écoute sur une chaîne assez vulgaire, cette jeune fille a chanté et fait découvrir à un public majoritairement néophytes, de l'opéra. Et nous la remercions pour cela. Elle a augmenté d'un brin la culture générale, et peut-être que ce soir-là, des petits enfants qui étaient bêtement plantés devant la TV auront eu un déclic en se disant "Mozart? Holala ça a l'air génial". Le côté noir, c'est que cette jeune fille n'a aucune technique, massacre le morceau, même pas en tonalité originale, mais que la TV va la présenter comme un phénomène de voix exceptionnelle et les gens qui n'y connaissaient, auront encore régresser, le système de valeur étant encore un peu plus effacé par la TV.
Notre blog s'adresse aussi aux néophytes. Nous souhaitons éduquer leurs oreilles avec des comparaisons, des suggestions, des expériences, des critiques constructives.
Nous vous proposons de découvrir nos valeurs, nos coups de coeur, nos coups de gueule.
Nous, musiciens, chanteurs, compositeurs, amoureux puristes, posons un regard jeune et inédit sur ce qui nous entoure, nous sommes issus de milieux différents, nous avons des sensibilités différentes, et ce qui est sûr, c'est que jamais nous ne tomberons dans l'intellectualisation stupide, la complaisance et la facilité.
La rédaction.
C'est suite à la consternation que nous avons décidé de créer ce blog et de le nourrir.
Que devient l'opéra en France? Qui sont les plus grands chanteurs? Et au nom de quelles valeurs les gratifie-t-on de ce qualificatif?
Et bien, nous avons trouvé que tout se mélangeait, s'embrouillait, se perdait.
La musique populaire, les variétés, tout cela s'est perdu durant les quelques dernières décennies, au profit du rendement. Parce que des chaînes de TV et des radios diffusent non pas ce qu'ils estiment être de la qualité, mais plutôt ce qui va être le plus regardé ou écouté, ce qui permet de faire grimper au max les tarifs des tranches publicitaires. C'est aussi simple que ça.
Les producteurs d'aujourd'hui c'est la même. Pauvres jeunes filles à la voix de cristal, rêvant d'être des stars reconnues pour leurs talents... On vous choisira parce que vous ferez vendre. Même si vous êtes médiocre. Une belle bouille, un beau clip, un concept, peut faire d'une musique médiocre, un succès planétaire, parce que les gens ne se soucient pas de la musique, ils veulent rêver, oublier leur quotidien, fantasmer. Très peu de place à la qualité est laissée sur le tapis rouge de nos jours. Et de nombreux artistes exceptionnels sont laissés dans l'ombre parce qu'ils ne sont pas marketing.
Heureusement, la musique "classique" et tout ce qu'elle englobe, est différente. Elle est jouée, et rejouée, partout dans le monde, tous les jours, et depuis des siècles sans jamais lasser ses auditeurs/spectateurs. Pourquoi? Parce qu'il s'agit d'un son prenant, venant du fond des temps, du fond des âmes de ces hommes et femmes exceptionnels qui l'ont écrit, dans un pur soucis de l'art et de l'immensité, des soirs durant, à leur clavecin ou piano, éclairés d'une loupiote, mettant sur papier l'âme humaine, le ciel, la mer, l'amour, la mort et tout ce qui fait tourner la Terre depuis la nuit des temps.
Les chanteurs de cette musique ont une responsabilité immense, car contrairement aux autres instruments, la corruption de ce que nous avons dit plus haut à propos de la TV, du marketing, de l'image, les guette constamment. Et ils sont parfois tentés de troquer un peu de d'art contre un peu de marketing. Nous vivons à une époque du culte de la personnalité, non pas qu'elle n'est pas existé avant, mais nous y sommes beaucoup plus sensible dans un temps où nous perdons beaucoup de repères.
Vera Voce, la Vraie Voix. Nous voulons partager nos valeurs par ce blog, remettre certaines pendules à l'heure, parler ouvertement, être sévères mais toujours justes. Expliquer l'extrême finesse de l'art lyrique aux gens qui n'ont pas forcément les moyens de s'éduquer en profondeur. Proposer aux autres un autre point de vue.
En effet, à cette époque où 75% de la presse et des critiques font dans la complaisance, comment se faire une opinion si ce n'est en écoutant sa propre émotion, ses propres goûts, son intuition, son sentiment direct? Mais cela ne suffit pas et ne serait pas vraiment exact concernant un art rigoureux et exigeant qui perdure depuis des siècles.
En ces temps où les chanteurs qui envahissent nos télévisions, chantent du nez, n'ont pas de voix, modulent sur 1 octave maximum, il est essentiel de rappeler constamment au public à quel point le chant lyrique demande une technique immense, une précision acharnée et constitue une performance et que ce sont là les vrais chanteurs ! Et que même parmi eux, il faut savoir reconnaître les grands de ceux qui font illusion.
Un exemple, Céline "the french phénomène", cette jeune fille, tout à fait charmante, est passée à la TV dans "La France a un incroyable talent" et y a chanté le très célèbre air de la Reine de la Nuit, extrait de la Flûte enchantée de Mozart. Cela est un exemple parfait pour illustrer que rien n'est blanc ou noir, mais tout est gris. Le bon côté, c'est qu'à une grande heure d'écoute sur une chaîne assez vulgaire, cette jeune fille a chanté et fait découvrir à un public majoritairement néophytes, de l'opéra. Et nous la remercions pour cela. Elle a augmenté d'un brin la culture générale, et peut-être que ce soir-là, des petits enfants qui étaient bêtement plantés devant la TV auront eu un déclic en se disant "Mozart? Holala ça a l'air génial". Le côté noir, c'est que cette jeune fille n'a aucune technique, massacre le morceau, même pas en tonalité originale, mais que la TV va la présenter comme un phénomène de voix exceptionnelle et les gens qui n'y connaissaient, auront encore régresser, le système de valeur étant encore un peu plus effacé par la TV.
Notre blog s'adresse aussi aux néophytes. Nous souhaitons éduquer leurs oreilles avec des comparaisons, des suggestions, des expériences, des critiques constructives.
Nous vous proposons de découvrir nos valeurs, nos coups de coeur, nos coups de gueule.
Nous, musiciens, chanteurs, compositeurs, amoureux puristes, posons un regard jeune et inédit sur ce qui nous entoure, nous sommes issus de milieux différents, nous avons des sensibilités différentes, et ce qui est sûr, c'est que jamais nous ne tomberons dans l'intellectualisation stupide, la complaisance et la facilité.
La rédaction.
Pays/territoire :
Paris, France
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